A la veille de Noël 2010, plus de 200 enfants Haïtiens ont été transférés vers la France. Sans que les processus d’adoption ne soient finalisés pour une partie d’entre eux . Au mépris du droit international et surtout du bien-être d’enfants arrachés sans préparation. Quand on sait les mois qui sont nécessaires au bon déroulement d’une adoption, quand on sait les dégâts engendrés et les traumatismes subis quand ces étapes ne sont pas respectées, on ne peut que déplorer que de tels événements puissent encore arriver.
Interview avec Marlène Hofstetter, responsable du service adoption chez Terre des hommes depuis plus de vingt ans pour comprendre. Elle est surtout une spécialiste reconnue de l’adoption en Haïti et s’y est rendue à de nombreuses reprises
Il y a un an, suite au tremblement de terre en Haïti, de nombreux pays étrangers, tels que la France et les Etats-Unis entre autres, ont organisé des transferts massifs d’enfants. Terre des hommes s’était alors indignée.
En effet, car nous pensions que c’était tout à fait prématuré. Les enfants avaient subi le traumatisme du tremblement de terre. Bien que des dossiers soient ouverts pour un grand nombre d’entre eux, les démarches n’avaient pas forcément abouties. Personne ne savait si les enfants avaient encore des parents. Aucune préparation n’a eu lieu. Il était matériellement impossible, dans les délais dans lesquels ces transferts étaient organisés, que des enquêtes sérieuses puissent se dérouler. Durant l’année 2010, ces pratiques ont été dénoncées à de nombreuses reprises.
Et pourtant, moins d’un an plus tard, un nouveau transfert fut organisé.
Nous nous trouvons confrontés à un nouveau drame : la majorité des enfants transférés ne disposent pas de papiers en règle, les procédures n’étant pas achevées. Or, de nombreux juges français refusent de donner un statut aux enfants dans ces conditions. De plus, le gouvernement Haïtien ne s’est absolument pas engagé à régulariser la situation a posteriori. Il sera impossible pour ces enfants de retracer leur histoire, de savoir d’où ils viennent. C’est une catastrophe.
Sommes-nous totalement impuissants ?
Cette dernière année, les fronts pro et contre les adoptions « humanitaires » se sont fortement durcis. Les lobbys sont très actifs. Mais concrètement, si deux Etats décident de passer outre les règles de la Convention de la Haye, les organisations telles que Terre des hommes ne peuvent rien faire d’autre que de dénoncer la situation et plaidoyer pour cela change.
C’est assez déprimant. Donc, demain, si une nouvelle catastrophe se produit, nous pourrions assister de nouveau à des transferts massifs d’enfants ?
Près de 2’000 cas de transferts d’enfants Haïtiens ont été enregistrés. Cela correspond au nombre de dossiers entamés avant le séisme. Tous les Etats, hormis les Etats-Unis, se sont engagés à ne pas ouvrir de nouvelles procédures tant que la situation ne s’est pas normalisée. Il n’y a donc plus aucun moyen pour les Etats de justifier de tels transferts.
Le contexte d’Haïti est assez particulier. Suite au tsunami de 2004, de telles adoptions internationales n’avaient pas eu lieu. En effet, les autorités des pays touchés n’avaient pas été décimées. De plus, Haïti n’a jamais ratifié la Convention de la Haye. Il s’y passait déjà de mauvaises pratiques à grande échelle en matière d’adoption avant le séisme à cause d’une législation désuète et la mainmise des responsables de crèches et des avocats sur les procédures. Une telle conjonction de facteurs est assez unique. Toutefois, la seule garantie pour que les adoptions puissent enfin se dérouler dans le meilleur intérêt de l’enfant, est que les procédures, les structures et les lois soient modifiées. Et qu’Haïti ratifie la Convention de la Haye.
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A suivre un débat très houleux en ce moment sur le blog
“Journal d’une Jeune Journaliste”
- 5.1.2011 Mon “plus beau cadeau de Noël” ou J’ai les boules-de Noël http://bit.ly/fnyr8r
- 13.1.2011 Les lobbies mes hobbies ou les rageux-malheureux http://bit.ly/dPsW8f
Bonjour Zench.
Merci pour ton commentaire et le lien dans la sidebar sur ton blog. Bonne suite.