
© Tierra de Esperanza
Estefanía Navarro, psychologue, est arrivée en août, et selon ses propres mots, elle n’a pas réfléchi à deux fois avant de venir au Chili, suite au séisme du 27 février 2010. Ne pas connaître le pays ne l’a pas empêchée de quitter Manizales, en Colombie, pour se lancer dans cette aventure qu’elle estime être une grande expérience de vie.
Pourquoi as-tu décidé de rejoindre le projet de Tierra de Esperanza et de Terre des hommes ?
Estefanía : D’abord parce que j’aime ce que je fais. Je voulais que mes compétences puissent bénéficier à ces personnes et acquérir une nouvelle expérience de vie. Et l’approche de Tierra de Esperanza et de Terre des hommes me paraissait très précieuse. Surtout parce que les êtres humains sont des trésors, et que cette considération est indispensable pour travailler.
Que retires-tu de cette expérience ? Et du travail direct avec les garçons, les filles et leurs familles ?
Estefanía : Cela a été une expérience grandiose et m’a apporté une évolution professionnelle immense. Ce travail est un processus à long terme car il se doit d’accompagner continuellement les enfants ainsi que leurs familles. Parce qu’il ne sert à rien de travailler seulement avec les enfants si leurs familles manquent de quelque chose.
J’aimerais semer chez les enfants cette volonté qui montre qu’on peut tirer beaucoup de forces des difficultés, qu’on apprend à savoir s’en sortir, à chercher comment se relever, et trouver les ressources qui nous manquent.
Les ateliers avec les enfants et leurs familles ont permis de les aider à développer une nouvelle représentation de leur environnement, au vu de ce qui s’est passé et des changements provoqués par le tremblement de terre et le tsunami, afin de leur permettre de se resituer dans leur espace de vie, et de réaliser que cette expérience les fortifie.
Où en sont les enfants et leurs familles aujourd’hui ?
Estefanía : Heureusement les enfants ont une grande capacité de résilience. Nous nous sommes beaucoup basés sur cela, car un de nos piliers de travail est de voir les difficultés comme des ressources.
Les mères vivent des situations particulièrement difficiles dans leur foyer: elles sont mères, femmes, épouses, et n’ont souvent pas la possibilité de partager ce qu’elles ressentent. Dans nos centres, les mères ont un espace à elles, où elles peuvent se confier et trouver des solutions à leurs problèmes. Par exemple, elles ne savent pas quoi faire lorsque leurs enfants pleurent après une réplique. Nous travaillons pour cela, pour qu’elles puissent affronter et gérer de telles situations.
Que va-t-il te manquer du Chili ?
Estefanía : Les personnes, la manière d’être des chiliens. Ce sont des personnes ouvertes et chaleureuses, et j’ai apprécié cela parce que nous, les colombiens, sommes extrêmement amicaux, et j’ai aimé cela parce que n’ai pas ressenti un choc culturel. Par contre, le climat à été très rude pour moi.
Plus d’informations sur l’intervention de Terre des hommes et Tierra de Esperanza au Chili
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