Feb. 14 2012

©Tdh

Nina Lehmann, Assistante de Direction pour le Département communication et recherche de fonds de Tdh, revient de quelques jours au Burkina Faso. Elle en a profité pour visiter les projets menés par notre délégation en faveur des jeunes filles employées comme domestiques. Témoignage.

La majorité des familles burkinabés vivant à Ouagadougou emploient des filles domestiques – des jeunes filles qui leur viennent en aide dans toutes les tâches relatives à la tenue d’une maison: la cuisine, le ménage, les rangements, etc.

Le fait d’employer des filles domestiques n’est, en soi, pas une problématique qui relève des actions de protection menées par Terre des hommes au Burkina. Ce qui, par contre, relève du champ d’action de Tdh, est lorsque ces filles sont soit beaucoup trop jeunes, soit doivent faire face à des difficultés avec leurs employeurs qu’elles ne peuvent ou ne savent pas gérer.

Plusieurs projets sont nés autour de ce sujet, nous avons eu l’opportunité d’en visiter quelques-uns.

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A Ouagadougou, le dimanche après-midi, nous nous sommes rendus au « Point Espoir », qui est un point de rencontre pour des jeunes filles domestiques originaires d’un même village proche de Tougan (ouest du pays). Ces réunions permettent aux jeunes filles de se retrouver entre elles pour un moment de partage et de bonne humeur. Par le biais d’une animatrice de Tdh, les filles apprennent notamment quelles sont leurs droits et comment se défendre en cas de maltraitance de la part de leurs employeurs. Nous avons beaucoup apprécié pouvoir partager ce moment avec ces jeunes filles, et avons été très touchés par la joie que nous avons vue, les éclats de rires, le bonheur que représentent ces rencontres.

©Tdh

Le lendemain, nous avons pris la route pour Tougan, situé à plus de 220 km de Ouagadougou, et donc d’où viennent de nombreuses filles domestiques de la capitale. Un trajet en brousse plein de poussière et une crevaison de pneu plus tard, nous avons rejoint les locaux de Tdh à Tougan, ainsi que l’équipe locale. Nous avons visité deux ateliers de formation professionnelle, l’un de couture et l’autre de menuiserie, où des jeunes filles bénéficiaires des projets Tdh apprennent un métier. Nous avons également rendu visite au Procureur de la Province et au Responsable de l’action sociale. Ce sont des personnes qui travaillent en étroite collaboration avec Tdh, sans eux, nous ne pourrions mener à bien tous nos projets. Tdh, grâce à un travail de longue haleine, a su mettre sur pied un réseau regroupant ces divers professions œuvrant à une protection adéquate des enfants. L’utilité d’un tel réseau est plus qu’avérée, il est indispensable à une protection efficace.

Le deuxième jour, nous nous sommes éloignés de Tougan et avons parcouru plusieurs villages dans lesquels Tdh travaille. Nous avons visité des infrastructures soutenues par Tdh (entre autres un centre d’écoute et un centre de santé), et nous nous sommes également rendus à une réunion où étaient réunies d’anciennes filles domestiques, revenues depuis lors au village, et le “CVD”, un comité constitué de villageois œuvrant pour le développement au sein de leur localité.

Nous avons été extrêmement impressionnés par le travail réalisé par le staff basé au Burkina: les journées sont longues; les changements ne sont pas perceptibles à court terme; il faut se doter d’une bonne dose de patience avant de percevoir des résultats concrets… Le plus difficile est certainement de parvenir à changer certaines mentalités liées notamment à la culture, comme donner plus d’importance aux filles et à leur éducation scolaire ou professionnelle. Aujourd’hui, de plus en plus, les fillettes vont à l’école, elles sont enfin considérées, ce qui représente une réussite importante pour tous les acteurs ayant participé d’une quelconque manière à cette prise de conscience. Mais ce changement ne s’est pas fait en quelques mois, mais est le fruit d’énormément de travail. Sans l’engagement et l’acharnement constant des équipes travaillant sur le terrain, de tels changements ne pourraient être observés.

Plus d’infos sur l’intervention de Tdh au Burkina Faso

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2 thoughts on “Burkina Faso: Visite des projets pour la prévention de la migration précoce des filles domestiques

  1. You have the very important projects for childrens please and it’s very good.

    Best wishes

    • Sure that it’s not easy at all to adress such an issue in the Burkina Faso of persisting conflicting “modern vs. traditional attitudes/conduct”.
      Even though it wasn’t the case in the past, i know for having worked on that todays’ housekeepers often face sexual harassement, different types of violence and abuse from various sources. This is a daily reality which affect thousands of these often non-literate girls whom are even forced (sometimes) to leave their families and try to seek a better future or, to run from a forced marriage!
      Your ideal is noble even if the to-do list remains charged to date for Burkina but, also for several other African countries.
      Keep up the good trend and do’s!

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Nina Lehmann