Mar. 08 2012

Faguèye Mbaye a été équipée d’une prothèse orthopédique par Terre des hommes à ses 12 ans. A force de persévérance, elle travaille aujourd’hui dans la délégation de Tdh, et s’occupe des enfants qui souffrent de maladies incurables au Sénégal. De passage en Suisse, elle nous livre son histoire. Vous pourrez la rencontrer lors de la vente d’oranges de Tdh le 9 mars 2012, et contribuer à votre tour à aider ces enfants à recevoir des soins adaptés.

©Tdh|O.Meylan

C’est vers l’âge de ces enfants, à mes 4 ans, que j’ai attrapé une maladie qui faisait des ravages à cette époque: la poliomyélite. Balancée d’hôpital en hôpital, j’ai fait des examens et des séances de rééducation mais rien n’y faisait. A tel point que ma jambe gauche a fini par ne plus vouloir ni pouvoir en endurer davantage. Je ne pouvais plus marcher, ou je me trainais par terre ou à l’aide d’une petite canne en bois.

J’ai eu la chance de pouvoir à l’école, qui heureusement n’était pas très loin de chez moi. Là-bas, mon institutrice m’a offert une béquille, mais plus je grandissais et plus il était difficile de me déplacer. C’était dur de marcher, mais aussi d’endurer les moqueries de mes camarades d’école.

Quand j’ai eu 12 ans, ma mère est morte et mon père ne pouvait plus travailler à cause d’une maladie de l’œil mal soignée. Mais une connaissance de la famille est venue nous informer que des européens étaient dans le pays et opéraient des enfants handicapés ou malades. Alors ma grand-mère m’a pris avec elle et m’a amenée à l’hôpital de Kaolack (à 200 km de Dakar). Là-bas il y avait plusieurs médecins occidentaux, en “mission”, et, sur un grand tableau, il y avait écrit “Terre des hommes”, un joli nom! J’étais loin d’imaginer que cette terre des hommes allait radicalement changé ma vie.

Ma jambe a été immobilisée pendant un mois sous un plâtre. Puis ils m’ont installé un appareil orthopédique, qui m’a permis de remarcher, sans l’aide de ma béquille. C’était incroyable. J’ai repris le chemin de l’école et mon appareil intriguait et fascinait tous mes camarades. Je suis devenue une petite star.

©Tdh

Petite, je rêvais d’être journaliste. Mais après avoir été soignée par Terre des hommes, j’ai préféré tout faire pour leur être utile. J’ai d’abord suivi une formation en secrétariat et ai obtenu un stage dans leurs bureaux au Sénégal à mes 16 ans. Et même après ce stage, je continuais de travailler bénévolement tous les après-midis pour eux. Petit à petit, j’ai été engagée à mi-temps puis finalement recrutée en 2000 comme secrétaire.

Mais au fil des années ma prothèse orthopédique s’est abimée et cassée. Je me déplaçais difficilement et avait atrocement mal, mais je ne voulais le dire à personne parce que je ne souhaitais en aucun moment m’absenter de mon travail. Un collègue bricolait mon appareil en cachette, avec du fil de fer et des cordes, jusqu’au jour où le délégué de Terre des hommes nous a surpris. Il était vraiment choqué car loin d’imaginer que je portais une prothèse pareille, en si mauvais état.

L’hôpital de Dakar n’arrivait plus à fabriquer de prothèses, alors le délégué a tout fait pour m’aider. Il a appelé le siège de Terre des hommes et a fait une demande pour qu’on puisse me prendre en charge. En 2003 j’ai donc quitté le Sénégal pour l’Espagne, pendant un mois. On m’a installé un nouvel appareil orthopédique. J’ai ressenti le même sentiment que j’avais eu à mes 12 ans: celui d’être une personne valide. Je n’avais plus mal, étais à l’aise pour me déplacer et pouvais aller travailler sans aucune crainte.

En 2008, Terre des hommes m’a offert la place d’assistante du responsable des soins spécialisés, une place qui me tient à cœur puisque c’est ce programme qui m’a permis de marcher à nouveau. Je peux à mon tour aider des enfants à guérir de maladies qui ne peuvent être soignées chez nous.

Plus d’infos sur le programme des soins spécialisés de Terre des hommes

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Fagueye Mbaye

Assistante Responsable Soins spécialisés Sénégal