En 2009, certains événements ont contraint Terre des hommes à fermer ses programmes à Madagascar. L’équipe sur place travaillait entre autres dans le secteur des soins spécialisés, plus particulièrement avec les enfants souffrant principalement de problèmes cardiaques. Afin d’assurer le suivi des enfants bénéficiaires des soins spécialisés, l’association malgache Soa Zoraina a servi de relais à Tdh. Après trois années d’absence à Madagascar, Alexandre Favini, collaborateur social des soins spécialisés, est parti en mission pour appuyer et soutenir notre partenaire dans le suivi des enfants bénéficiaires des soins spécialisés de Tdh.
Tdh – Quel était l’objectif de ta mission sur le terrain?
Alexandre Favini - Comprendre le fonctionnement sur place et apporter un appui à la qualité du suivi pour les enfants ayant bénéficiés d’un séjour à l’étranger pour des opérations chirurgicales. Plus personne du siège ne s’était déplacé sur le terrain depuis 2009. Il était donc important d’y retourner pour collaborer étroitement avec notre partenaire sur place . Grâce à l’association Soa Zoraina, le suivi des enfants a pu se poursuivre. Il est important que cette association qui perpétue notre travail sente un soutien malgré notre absence. On ne peut pas couper tous les ponts avec Madagascar, parce que la délégation est partie. On ne peut pas délaisser les enfants ayant déjà été pris en charge par Tdh.
Tdh – Quelle est la situation médicale du pays ?
AFi - J’ai visité deux hôpitaux universitaires. J’ai été surpris de la non vétusté de ces structures hospitalières. Je m’attendais encore à pire. Mais la situation est loin d’être bonne : les hôpitaux manquent cruellement de personnels qualifiés, de matériel et d’installations médicales pour réaliser des opérations pointues. Tdh aurait eu encore beaucoup à faire sur place vu les carences de leur système de santé et la difficulté d’accès aux soins pour les plus démunis.
Tdh – Comment se sont passées les rencontres avec les familles de bénéficiaires ?
AFi - J’avais déjà rencontré des enfants ou jeunes ici en Suisse ayant bénéficié de soins spécialisés et que j’ai revus sur place à leur domicile. J’ai aussi rencontré des familles dont un enfant devait bientôt avoir besoin d’un éventuel nouveau voyage vers la Suisse. De manière générale, beaucoup de questions surgissent encore autour du départ de Tdh et les familles le regrettent clairement.
Néanmoins, je retiens surtout une rencontre avec une famille dont l’enfant réalise un séjour particulièrement long en Espagne, pour soigner une pathologie extrêmement lourde. Sa mère m’a fait part de ses inquiétudes par rapport à l’oubli de sa langue maternelle et à son attachement à l’Espagne. Toutefois, « nous savons qu’il n’est pas encore prêt à revenir » a concédé sa mère. J’ai énormément de respect pour la dignité et la confiance en Tdh de cette famille. Il est difficile de confier son enfant en mains étrangères pour l’envoyer à des milliers de kilomètres de sa famille. C’est un geste d’amour incroyable.
Tdh – Le mot de la fin?
AFi - Je suis heureux de pouvoir parler de ce pays, étant donné qu’il n’y a plus vraiment d’information depuis notre retrait. Je suis très satisfait d’avoir pu mener cette mission. Cela m’a permis de mesurer le travail et le sérieux de l’association Soa Zoraina, que je remercie au passage pour son accueil et l’organisation de mon séjour.


