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Mar. 09 2011

Alexandra Burdgorf ©Tdh
Témoignage d’Alexandra Burgdorf, employée de Terre des hommes, qui a travaillé pendant plusieurs années pour les actions menées en Suisse.
Lorsque j’ai participé pour la première fois à la vente d’oranges voici quatre ans, 2 semaines avant de commencer à travailler en tant que salariée au siège de Terre des hommes, je dois avouer que je connaissais à peine cette action. Les remarques de différents ami(e)s m’ont d’ailleurs interpellée : « mais oui, la vente d’oranges de Terre des hommes, on la faisait quand on était à l’école ». Et bien non, pas moi ; je n’ai jamais fait partie des classes d’école qui y ont participé.
Légère appréhension donc lorsque je me retrouve au centre commercial de Crissier un jour du mois de mars 2007. Appréhension à l’idée de devoir « démarcher » les gens, à l’idée de me faire remballer ou de me retrouver face à des questions auxquelles je serais incapable de répondre, le tout sous les yeux observateurs de mon futur chef, qui m’avait suggéré de participer à la vente lors de mon entretien d’embauche…
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Jan. 31 2011

©Tdh | Odile Meylan
Lors de mon arrivée chez Terre des hommes en mars 2010, j’ai eu droit à mon baptême avec la vente des oranges. J’ai pu me rendre compte de l’impact que cela avait sur le grand public. Quelques mois plus tard, on me confiait la tache d’organiser la prochaine édition de cette vente, un petit clin d’œil en soi !
En écoutant nos sympathisants dans la rue et les entreprises, je me suis rendu compte que nous devions être plus transparents sur la provenance des oranges. Nous avons mis en place une communication claire envers nos partenaires, nos acheteurs et nos vendeurs bénévoles dans toute la Suisse. En concertation avec notre fournisseur Coop, j’ai pu me rendre sur les lieux de la production et faire la rencontre du producteur Miguel Almenar, propriétaire de Frupale S.L.
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Dec. 13 2010
De retour en Suisse après une semaine de reportage, le Maroc a tenu toutes ses promesses. Une fois encore, les évènements ont été riches en enseignement.
Nous espérons, au travers de nos articles quotidiens, avoir réussi à vous transmettre un peu des émotions que nous avons vécues lors des visites des projets de soins spécialisés et de lutte contre l’exploitation des « petites bonnes ».
Toutefois, le tableau ne serait pas vraiment complet sans mentionner l’autre face du Maroc. En effet, comme tous les pays, les contrastes et les contradictions sont légions. A la dureté de la vie à laquelle nous avons fait écho s’oppose une beauté du paysage presque insolente. Un raffinement aussi, en matière culturelle ou culinaire notamment. Nous avons aussi rencontré des gens extraordinaires, tels que Fouad, administrateur de Terre des hommes, Amina, coordinatrice des projets de soins spécialisés ou Rkia, coordinatrice des projets dans le sud du pays. Nous espérons avoir rendu justice à leur travail admirable et leur dévouement tout au long de cette semaine.
Nous vous remercions de nous avoir suivis dans notre périple et espérons que la suite de ce blog vous séduira. N’hésitez pas à nous faire part des sujets qui vous intéresse et à poser les questions qui vous habitent. Cet espace n’a de sens que s’il est partagé.
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Dec. 08 2010
Agadir, 8 Décembre 2010 – Arrivées à Agadir hier soir, nous avons rencontré Rkia, coordinatrice des projets de Terre des hommes dans le Sud du pays. Nous sommes parties visiter trois familles avec elle aujourd’hui. Cela nous a donné un bon aperçu du travail social effectué sur le terrain.
« Selon moi, il y a plusieurs façons de voir le travail social » nous explique Rkia, alors que nous effectuons les quelques 100 kms qui nous séparent de la première famille à voir. « Les personnes que nous aidons sont comme tombées dans un trou. En tant que travailleur social, nous devons tâcher de les en sortir. Il y a trois manières : soit tu t’approches du trou, tu regardes si la personne souhaite en sortir et tu la tires vers l’extérieur, soit tu descends dans le trou et tu la pousses par en-dessous, ou tu la prends dans tes bras et tu la sors. Seule la première option n’a de sens à mes yeux. Si tu descends dans le trou, tu dois te préparer à y rester. Tu ne peux pas pousser un poids trop lourd, et si tu prends tout en charge, tu ne pourras jamais arrêter. On ne peut aider que les gens qui le veulent. Et aider veut dire accompagner, pas faire à leur place ».
Au bout de deux heures de route, nous arrivons dans un petit village. « La semaine dernière, il a plu et cet endroit était coupé du monde ». Les maisons, collées les unes aux autres sont en boue séchée mêlée à la paille. C’est assez pratique, car peu cher à construire. Il n’y a qu’un seul inconvénient : la maison s’écroule quand il pleut… C’est ce qui est arrivé à la famille à qui nous venons rendre visite. Réfugiés dans une pièce minuscule chez des parents, le père, la mère et la petite Hanane se partagent 8 m2. Ils y passent leur journée, y mangent et y dorment. Et tous leurs biens sont sous nos yeux : une natte, deux couvertures, une armoire, un service à café, une petite télévision. Quand son visa sera prêt, Hanane va partir en Espagne se faire opérer du cœur. Elle a deux ans et demi et reste agrippée à sa mère tout le long de l’entretien. Dès que les voisins voient la voiture de Terre des hommes garée devant l’entrée, la nouvelle se répand, telle une traînée de poudre. Une femme, puis deux, puis trois et finalement quatre s’invitent, leur enfant sous le bras. Leur attitude montre clairement tout le respect qu’elles ont pour Rkia, à qui elles confient leurs soucis. Mais ce respect est réciproque. Rkia écoute, conseille, soutient d’un ton très doux. Puis elle commence à poser quelques questions. Le débat s’anime. « Je leur ai demandé s’il leur arrivait de corriger leurs enfants, notamment en utilisant les punitions corporelles, très répandues au Maroc. Elles m’ont dit que oui et ce dès que les enfants commencent à marcher à quatre pattes. J’essaie de leur expliquer que battre ne veut pas dire éduquer ».
Cet échange est particulièrement représentatif du travail social de Terre des hommes au Maroc. Ici encore, comme à Rabat précédemment, il ne s’agit pas de regarder uniquement le cœur de l’enfant. Les soins spécialisés sont une porte d’entrée au sein des familles. Les situations sont étudiées dans leur globalité et des solutions sont proposées, adaptées à chaque cas, pour permettre aux parents de sortir un peu la tête hors du trou. Néanmoins, ils ne sont jamais considérés comme des bénéficiaires. « Tu sais, j’ai l’habitude de dire aux familles des enfants pris en charge que désormais, et ce jusqu’à la fin du suivi des soins, cet enfant est comme partagé. Chacun doit assumer son rôle en collaborant pour son bien ».
D’où vient à Rkia cette envie d’aider les autres, elle qui a par ailleurs quatre enfants à la maison ? « J’ai grandi dans un quartier pauvre d’Agadir. Vers l’âge de neuf ans, j’ai été prise en charge par l’association locale. Nous faisions des pièces de théâtre, nous nous amusions. Plus tard, je m’y suis engagée comme bénévole. Après mon baccalauréat, j’ai fait des études de secrétaire de direction. Au bout de deux mois de travail, je me suis vite rendue compte que les bureaux, ce n’était pas pour moi. J’avais besoin de bouger, d’aller à la rencontre des gens, de les soutenir. J’ai commencé à travailler dans le social, auprès des enfants des rues. Au fond, je pense que ce besoin, cette envie, c’est un don que Dieu m’a fait. Ce n’est pas facile. Il m’arrive de me réveiller en pleine nuit car j’ai oublié d’appeler une famille. Si tu cherches un équilibre dans ta vie, il vaut mieux faire un autre métier. Il faut s’engager avec son âme, sa tête, son cœur et ses bras. Pour moi, c’est un acte de militantisme ».
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Dec. 07 2010
Rabat, 7 Décembre 2010 – Zakaria a sept ans. Il est atteint d’une malformation grave qui nécessite une intervention périlleuse. Les veines de son cœur sont inversées. Le diagnostic a tardé et l’enfant souffre maintenant d’affections annexes. Il doit être transféré en Suisse pour plusieurs mois et subir une intervention qui ne pourra être que palliative. D’ici quelques années, il devra probablement repartir pour être opéré de nouveau.
Aujourd’hui, il se rend au bureau de Rabat pour les ultimes conseils avant son départ. Direction Casablanca l’après-midi et Genève le lendemain matin. Son père l’accompagne. Sa mère a du rester à la maison pour s’occuper du dernier-né. « C’est mieux ainsi » souffle le père « elle n’aurait pas pu s’empêcher de pleurer ». Dans sa voix, les sanglots s’accumulent. Pudique, il enfonce sa casquette sur ses yeux embués. Il est fou d’inquiétude. Dans quelques heures, il va devoir se séparer de son fils, le remettre à une convoyeuse inconnue, qui partira vers un endroit où il n’est jamais allé. Geste de confiance ultime, amour absolu, il est prêt à tous les sacrifices pour que Zakaria soit sauvé. Les questions se bousculent : « quelqu’un parle-t-il arabe là-bas ? » « Comment ça va se passer ? » « Quand vas-tu nous donner des nouvelles ? ». Amina, coordinatrice des soins spécialisés, répond calmement à toutes les interrogations, tente de rassurer, d’apaiser. « Je comprends son angoisse ». Elle sait que Zakaria va partir plusieurs mois, trois ou quatre au moins. Elle sait aussi que le père met la vie de son enfant entre ses mains, mais qu’elle ne peut faire de promesses.
Zakaria reste sagement assit sur sa chaise, dans son manteau un peu léger et trop grand. Il porte de jolis pantalons et des chaussures toutes neuves. Ses parents se sont sûrement endettés pour l’apprêter. Mais à ses pieds, sa seule richesse ne consiste qu’en un sac minuscule semblant presque vide. Ce sont ses seuls bagages.
Devant ce père qui cherche désespérément à cacher sa souffrance, devant ces pleurs étouffés qui ne peuvent dissimuler la peur viscérale de le voir partir pour ne jamais revenir, devant cette supplique silencieuse qui hante le bureau froid « Prends mon fils, soigne le bien, mais par pitié rends le moi sain et sauf », Zakaria semble serein. Il se lève, se blotti contre son père et lui caresse la main. Il le réconforte, l’apaise.
Mais lui, ce petit homme déjà si mûr, que pense-t-il de tout ça ? N’a-t-il pas peur ? Cache-t-il sa souffrance derrière ce sourire bleuté, signe de la maladie qui le ronge ? « Zakaria est confiant » nous répond Amina « il est conscient que sa seule chance de survie vient de son départ et son opération en Suisse. Il la voit comme une chance. Il espère pouvoir ensuite être moins essoufflé, pouvoir monter les escaliers et marcher seul. Reprendre l’école qu’il a du quitter car son père doit le porter pour qu’il se déplace. Et il aimerait jouer au foot avec ses copains ».
Zakaria attend juste de pouvoir vivre sa vie d’enfant, tout simplement.
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Dec. 07 2010
Rabat, 6 Décembre 2010 – Après un slalom entre des milliers de véhicules lancés à pleine vitesse dans les rues de Rabat (la conduite au Maroc devrait être apparentée à un sport de haut niveau), nous arrivons devant un immense building un peu décrépi. « Voici la plus grande maternité du Maroc, celle de Rabat » nous lance Amina, coordinatrice des soins spécialisés. Sitôt la voiture garée dans un parking totalement anarchique, nous devons fendre une foule dense qui se masse devant la porte de l’hôpital, gardée par des agents de sécurité qui laissent passer au compte goutte des femmes sur le point d’accoucher. Plus ou moins à la tête du client visiblement, et parfois moyennant finances. Des vendeurs ambulants complètent le paysage. Ici, il faut tout acheter, les médicaments, le temps des médecins, le matériel médical nécessaire, mais aussi la nourriture des patients.
Arrivés dans le hall, première surprise : aucun ascenseur ne fonctionne. Nous sommes plutôt de bonne constitution, et les cinq étages à monter ne nous font pas peur, mais nous devons alors dépasser les femmes en plein travail qui doivent se rendre dans les salles d’accouchement. Et nous croisons dans l’autre sens celles qui en sortent, toutes endolories, leurs bébés minuscules dans les bras, enroulés dans de gigantesques couvertures.
A notre étage, nouvelle cohue et nouveaux gardes à passer. Des dizaines de gens attendent, stoïquement, que quelqu’un veuille bien examiner leur enfant. Il faut jouer des coudes, se battre, lutter contre une désorganisation affolante. Seuls les plus malins, les plus débrouillards, auront accès aux soins. Les autres attendent, souvent pour rien. Beaucoup de mères sont là, mais aussi des pères qui ont sacrifié un jour de paie pour amener leur petit.
Tous les gens présents n’ont pas le choix. 80% de la population ne bénéficie pas d’assurance maladie. Ceux qui en ont vaguement les moyens préfèrent de loin s’endetter et faire soigner leurs enfants dans des cliniques privées hors de prix, mais qui disposent de moyens sans commune mesure. « Comment les blâmer ? » demande Amina. « Nous soutenons au maximum le système public, mais même nous, parfois, n’avons pas le choix que de nous tourner vers le privé ! ». Franchement, ce ne sont pas les murs délabrés qui vont lui donner tort.
Nous rencontrons alors le Professeur Raja. C’est un des deux médecins qui effectuent les échographies du cœur dans l’ hôpital. C’est ici que viennent tous les enfants indigents du pays qui ont besoin d’un examen. Ca en fait plus de 80 par semaine. Pourquoi n’y a-t-il pas de centres d’échographies publics et spécialisés pour les enfants partout au Maroc ? « Manque de moyens ». C’est rageant, dans un pays où on croise presque autant de voitures de luxe qu’en Suisse.
Raja et Amina entament alors des négociations serrées au sujet de petits patients qui nécessitent des soins prodigués localement. « Pour telle opération, il faut qu’on trouve 30’000 Dirhams (nb : 3’000 Euros) » « Pour tel geste médical, 12’000 Dirhams (1’200 Euros) ». Et toujours la même conclusion : « On va s’arranger, on va trouver une solution. Pour les enfants, il y a toujours des solutions ». Des médecins tels que Raja s’engagent de plus en plus. Elle a notamment crée une des trois associations marocaines qui, dans le sillage de Terre des hommes, prennent en charge les soins pour les enfants cardiopathes. Et de manière très discrète, c’est en fait de son propre argent qu’elle se servait au début pour soigner les petits.
Parce que le Maroc en est réduit à ça : un ensemble de gens de bonne volonté qui se battent individuellement pour pallier aux manques de l’Etat et de la société.
Mais dans un monde où l’argent est roi, parfois même la meilleure des volontés ne suffit pas.
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Nov. 13 2010
Therese Fliesen Devuyst, Tdh’s resource person for nutrition, back from Nepal and touched by the Chhimeki association, shows her feelings on these hundreds of women who devote themselves to the health of their communities. “All the programs are managed by volunteers. They are all very enthusiastic and dedicate a lot of their time to their community. And they feel completely rewarded. As one of them said, being a volunteer changed not only herself, but her family and the way they all interact with the community. To illustrate this she mentioned that one day when she was walking with her husband, they passed a pregnant woman. Immediately, the husband sent her over to check if that woman was aware of what she had to do to carry the pregnancy well.”
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Dr Charulatha Banerjee (right)
Dr. Charulatha Banerjee joined Tdh in India as its Manager of Programmes in 2007. Born in South India, Dr. Banerjee lives now in West Bengal. In 1990 she qualified as a Medical Doctor and after a varied experience from neurosurgery to medical administration made a paradigm shift and moved into public health work. Her work with children and women mean for her an opportunity to give back something to those who have not had opportunities which she considers herself blessed to have. Herself mother of a 15 year old she says “ It makes me more appreciative of what I have – this introspection is tough but necessary”
I come from the part of the world that is home to half the world’s malnourished children. They are part of scenery for me – but even for me what I saw yesterday was hard to digest.
Ignacio Packer and myself are in Kurigram North Bangladesh where Tdh has been battling malnourishment for the past 30 years beginning from the time of Edmond Kaiser. We stepped out of the campus last evening and less than an hour away and just outside of the town we went to the slums of Kurigram.Young women with children in their arms or straddling their hips rushed out to meet us hoping we would enlist their children’s names for something- anything. I counted up to 6 children who were all under 30 days old – definitely not weighing more than 1.5 kgs. A day old baby was asleep in her mother’s arms but swaddled in a dirty rag that defies description The woman told me “I was in labour for 2 days and have no milk to give the child- I have given her sugar water”.